Génial sur les terrains, comme face à l'Olympiakos (4-2) mercredi, Robinho est tout aussi imprévisible en dehors. Le Real Madrid va devoir apprendre à gérer les frasques de son prodige brésilien, 23 ans, qui fait désormais figure d'anti-Kaka.
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A l'instar de Ronaldinho à Barcelone, le jeune Robinho s'affirme comme un élément ingérable au Real Madrid: génial et souvent décisif sur le terrain, comme mercredi en Ligue des champions contre Olympiakos (4-2), mais terriblement indiscipliné en dehors. Tout le contraire d'une autre star brésilienne évoluant en Europe, Kaka, qui fait le bonheur total de l'AC Milan. Le favori au Ballon d'Or 2007 collectionne les gestes de classe et les buts mais, très croyant, il se tient à distance raisonnable du monde de la nuit. Pour preuve, Kaka a participé au large succès (5-0) du Brésil contre l'Equateur -avec un doublé- mais n'a pas suivi ses petits camarades en boîte de nuit, où Robinho, Ronaldinho et quelques autres ont célébré "dignement" la victoire, avec de la cachaça... et des femmes, selon la presse brésilienne.
Robinho serait même allé demander "40 préservatifs" à un membre de la sécurité de la discothèque. Ce que le joueur a démenti: "Ce n'était pas ma fête et je n'ai pas demandé de préservatifs aux membres de la sécurité. C'était la fête d'un ami. Je vais me marier et ma femme est enceinte de cinq mois". Quoiqu'il en soit, le Real n'a gère apprécié la "fiesta". Arrivé en retard à l'entraînement, Robinho n'a pas été retenu, tout comme Julio Baptista, pour le match de Championnat (perdu) à Barcelone contre l'Espanyol et devra s'acquitter d'une amende. Jeudi, Robinho s'est de nouveau excusé pour être rentré tard du Brésil. Pas pour être sorti.
"Pas encore vu le vrai Robinho"
L'entraîneur Bernd Schuster, d'abord enclin à rire de l'épisode, ne goûtait guère le comportement de son attaquant brésilien: "C'est certainement quelque chose qui ne me plaît pas. Nous allons lui parler pour connaître sa version". La veille du match contre Olympiakos, Schuster a mis un peu d'eau dans son vin: "C'est un joueur qui a besoin d'être heureux, sans pression ni responsabilités. Moi je crois aussi que nous n'avons pas encore vu le vrai Robinho, il faut lui donner cette base (de tranquillité) pour qu'il puisse s'exprimer et triompher".
Quelques minutes après la rencontre, l'Allemand se vantait carrément d'avoir trouvé "la bonne formule" pour Robinho, auteur d'un doublé face à l'Olympiakos et à l'origine des deux autres buts de l'équipe madrilène. "Avec Robinho nous avons trouvé la bonne formule, assurait-il. C'est un joueur du Real Madrid et il faut faire en sorte qu'il s'exprime le mieux possible. Aujourd'hui il a montré ce qu'on attendait de lui". "Le coach a fait confiance à Robinho au meilleur moment", abondait le défenseur Michel Salgado, qui a vu défiler au Real tous les Galactiques (Figo, Zidane, Ronaldo et Beckham). "Robinho est incroyable, il a gagné le match tout seul", soufflait admiratif le latéral gauche espagnol de l'Olympiakos, Raul Bravo, ancien joueur du Real.
Le jeune attaquant brésilien (23 ans), arrivé de Santos en 2005 pour 27 millions d'euros, s'est montré reconnaissant envers Schuster après "son" match. "Je lui ai dédié mes deux buts car depuis qu'il est arrivé au Real Madrid il m'a toujours soutenu" . Schuster se montre certainement plus conciliant avec lui que ne l'a été l'Italien Fabio Capello la saison dernière (Robinho se plaignait de ne pas avoir sa confiance). Mais que Robinho se méfie, le directeur sportif Pedja Mijatovic veille. Ce dernier n'avait pas du tout apprécié que quelques joueurs -dont Robinho semblait-il- se présentent à un entraînement de la saison dernière avec l'air d'avoir fait la fête jusqu'au bout de la nuit.